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Histoire, économie, gestion et entreprise : Renault la Régie, Peugeot et Citroën

Partie I :
Histoire, économie, gestion et entreprise : Peugeot, Renault, Citroën

Le moteur (de croissance) de Renault

A la fin des années 1950, quand le bureau d’études Renault, dirigé par l’ingénieur Fernand Picard, décide de développer pour la future Renault 8 un groupe plus moderne que le « moteur Ventoux » 850 cm3 de la Dauphine. L’ingénieur René Vuaillat élabore un petit quatre cylindres entièrement nouveau de conception dont la cylindrée devait évoluer de 956 cm3 à 1 108 cm3. Coulé en fonte, coiffé d’une culasse en aluminium, ce groupe se caractérisait par son arbre à cames placé très haut dans le bloc et surtout par son vilebrequin à cinq paliers. Dès les premiers essais, il montre une souplesse de bon aloi et surtout davantage de puissance que le 850 cm3 « Ventoux », dont la conception datait de 1944. Il fut baptisé « Sierra », car à cette époque à la Régie, on n’appelait pas encore les moteurs par une lettre, mais par un nom. C’est plus tard qu’il prit le surnom de « Cléon », où il était fabriqué, accolé à la « Fonte » afin de le distinguer du moteur « Cléon-Alu » de la Renault 16, puis enfin « moteur C ».

En 1951, un modèle haut de gamme, la Renault Frégate, est lancé sur le marché. Après quelques problèmes techniques dus à une mise sur le marché trop rapide, la Frégate devient une automobile sûre, dotée d’une excellente tenue de route et d’un excellent freinage. Elle est déclinée en plusieurs versions (affaire, amiral, grand pavois) et carrosseries (berline, cabriolet et break). Elle tire sa révérence en 1960 fortement concurrencée depuis 1955 par la Citroën DS.

En 1952, Renault construisit sa première usine hors de Paris à Flins-sur-Seine (Yvelines).

La DS, le moteur de croissance de Citroën

En 1955, Citroën assoit un peu plus sa domination technologique en sortant la Citroën DS qui était équipée du système de suspension hydropneumatique, lequel fit sa légende (ce système apparut néanmoins sur la dernière version de la Traction : la 15 six H uniquement sur les roues arrières). La DS était équipée d’une direction assistée, de freins hydrauliques (disques à l’avant) et également d’une boîte semi-automatique à commande hydraulique ; tout était animé par la pompe haute pression de la voiture. Cette suspension, qui apportait tenue de route et confort, devait faire la réputation des SM, GS, CX, BX, XM, Xantia (et aujourd’hui C5 et C6).

Le moteur de Renault

À partir de 1961, la Renault 4 à traction, couramment appelée 4L est une petite voiture populaire de grande diffusion de conception simple et pratique. En France, la Renault 4 fut en tête des ventes dès 1962.

En 1962, le mythique « moteur Cléon-Fonte » conçu par l’ingénieur René Vuaillat apparaît sous le capot de Renault Floride S et la Renault 8. Ce quatre cylindres aura animé des générations de modèles, passant au fil des ans de 956 cm3 à 1 565 cm3 de la Floride à la Twingo en passant par la Renault 11 Turbo et la Renault 5 Turbo 2. Ce moteur est réputé pour sa robustesse et sa longévité.

Au bureau d’étude de chez Renault, René Vuaillat a conçu le fameux « moteur Sierra » plus connu sous le nom de « moteur Cléon-Fonte ». Il est apparu en 1962 sur la Renault Floride S et la Renault 8. Ce quatre cylindres aura animé des générations de modèles, passant au fil des ans de 956 cm3 à 1 565 cm3 de la Floride à la Twingo en passant par la Renault 11 Turbo et la Renault 5 Turbo 2. Ce moteur est réputé pour sa robustesse et sa longévité.

Le « moteur Cléon-Fonte » (moteur thermique automobile à combustion interne, essence quatre temps, avec quatre cylindres en ligne, bloc en fonte) également sous le code « moteur C » ou « bloc C » a équipé des générations de Renault pendant plusieurs décennies : Renault Floride S, Caravelle, Alpine A110, R4, R5, Le Car, Super 5, R6, R7 (Siete), R8/R10, R9/R11, Alliance/Encore, R12, R15, R18, R19, R21 (Export), Estafette, Trafic 1, Express (Rapid/Extra), Fuego, Twingo 1, Clio 1. De plus, ce moteur a équipé la gamme Dacia à compter de 1971.

En 1962 suit la Renault 8, grande sœur de la 4CV avec son moteur à l’arrière, qui aura des succès en rallye avec la Renault 8 Gordini. La R8 – Gordini est considérée comme la première « GTi » (De l’italien : Gran Turismo Iniezione). C’est effectivement la première compacte ayant des performances sportives pour un tarif de voiture de série. La Renault 8 Gordini 1300 de 103 ch, proposant des accélérations détonantes pour l’époque et atteignant 175 km/h, devance ainsi d’une douzaine d’année la sortie de ses premières concurrentes.

C’est Amédée Gordini qui s’est chargé de le préparer en le coiffant, soit d’une culasse hémisphérique, soit d’une culasse à deux arbres à cames en tête autorisant 85-90 ch en 1 000 cm3 contre 70 pour la version 700. Jusqu’en 1963 dans le coupé (Matra) Djet René Bonnet de compétition, il révéla quelques faiblesses affectant la rigidité du bloc, entraînant une propension certaine à claquer les joints de culasse qui poussa Renault à le rigidifier légèrement.

En 1963, le « moteur Cléon-Fonte » apparaît en 1 108 cm3, cylindrée mieux adaptée à l’utilitaire Estafette, où il fut installé pour la première fois en porte-à-faux. Puis c’est la Renault Floride, à qui l’on reprochait encore des performances trop timides, qui l’accueillit sous son capot arrière avant d’animer mi-1964 la luxueuse R8 Major. C’est en jouant sur l’alésage porté à 70 mm que la cylindrée de 1 108 cm3 offrant une meilleure souplesse avait été obtenue, en créant des entre-axes différents entre les cylindres.

Panhard et Citroën

En 1965, Citroën prend le contrôle de Panhard dans l’espoir d’utiliser les compétences de cette marque, pour les voitures de milieu de gamme, afin de combler les lacunes de la gamme Citroën : il manquait en effet une voiture entre la 2CV et les grandes DS / ID. La Citroën ID était la version simplifiée de la Citroën DS. On opposait symboliquement la « déesse » à « l’idée ».

En 1965 sort la Renault 10, une « grosse » Renault 8. À partir de 1965, à la suite du succès de la R4, Renault abandonne le moteur arrière pour passer à la traction avant et au hayon arrière. L’innovation de Renault consiste en effet à adopter pour la première fois le hayon sur une grande voiture avec la R16, élue « Voiture de l’année en Europe » en 1966. Ce succès lancera une tendance qui sera adoptée par tous ses concurrents et qui reste majoritaire encore aujourd’hui en Europe.

L’outil industriel de Panhard intéressait également Citroën. Rapidement, les usines Panhard fabriqueront plus de fourgonnettes 2CV que de Panhard, Citroën ayant bloqué toutes les possibilités d’évolution (moteur 4 cylindres, modèle 24 en 4 portes, 24CT à moteur Maserati).

Peugeot Société Anonyme

PSA (Peugeot Société Anonyme) est fondé à la mi-1966 pour former le holding du groupe automobile du même nom. Il s’agit en fait d’un transfert juridique de la Société des Automobiles Peugeot qui devient PSA.

1967 marque la fin de la production automobile civile Panhard.

Renault en sport automobile

En compétition, en 1 000 cm3, en plus des prototypes Bonnet et Alpine, le « moteur Cléon-Fonte » Renault motorisa monoplaces de formule 2 et 3, où il se révéla peu convaincant. Il eut plus de bonheur en 1 108 cm3 à culasse hémisphérique à doubles canaux qui fut montée de série fin 1964 sur la sportive R8 Gordini. Gavé par deux gros carburateurs Solex de 40, le 1 108 cm3 délivrait 95 ch autorisant 170 km/h, en démontrait un indéniable caractère explosif qui lui permit d’équiper les Matra Djet et Alpine Berlinette A110. Le travail des préparateurs comme Ferry, Amédée Gordini et Mignotet fit grimper sa puissance à 100, puis 120 ch en version 1 296 cm3. La cylindrée évolue à 1 440 cm3 et même 1 530 cm3, pour développer jusqu’à 145 ch SAE*.

À la fin des années 1960, c’était le moteur à tout faire de Renault. Installé aussi bien dans les R8 et R10, berlines à grande diffusion de l’époque, que l’Estafette, il fut également produit à Valladolid, en Espagne. Fin 1966, pour propulser la nouvelle R8 Gordini 1300, il reçut un nouveau bloc désormais à entre-axes uniformes entre les cylindres avec un vilebrequin spécifique à déport latéral, cubant cette fois à 1 255 cm3 pour 88 ch DIN*.
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*Puissance SAE et puissance DIN : Deux écoles coexistent pour mesurer la puissance du moteur d’une automobile.

En Europe, la norme a été établie par le Deutsches Institut für Normung (Institut allemand de normalisation, fondé en 1917 à Berlin) plus connu sous son sigle DIN. Il s’agit de la norme DIN 70020 (le cheval-vapeur allemand s’appelle Pferdestärke, et son symbole est PS). La puissance est mesurée à l’embrayage, avec le moteur de série équipé de tous ses accessoires, de ses échappements.

Pour les États-Unis, la norme a été établie par la SAE International (Société des ingénieurs de l’automobile, fondée en 1905 à Troy, dans le Michigan). La puissance est mesurée à la sortie du vilebrequin de façon à éviter les pertes de puissance dues à la transmission. À l’origine, la SAE avait établi un protocole de mesure sur banc avec un moteur de série débarrassé de ses accessoires, et parfois même de ses échappements. La puissance était mesurée en brake horsepower (bhp), ou puissance au frein. Le frein, était à l’époque un outil permettant de déterminer la puissance du moteur. Le frein était connecté directement en sortie du moteur, le couple et le régime appliqués au frein étaient mesurés pour déterminer la puissance maximale du moteur.

La norme SAE était la J245. Il en résultait donc que les chiffres de puissance annoncés en norme SAE étaient largement supérieurs à ceux exprimés en norme DIN. Mais en 1972, la SAE a revu sa copie en édictant la norme J1349. Désormais, la puissance est mesurée avec le moteur équipé de ses accessoires et de ses échappements de série, ce qui a diminué l’écart entre ces deux normes.

Par ailleurs, les protocoles de mesure étant différents, il n’existe pas de règle de conversion simple pour passer d’une mesure à l’autre.
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Contestations

Le 29 juillet 1967 une loi a reconnu le droit à l’indemnisation partielle de Jean-Louis Renault, unique héritier direct de Louis Renault vis-à-vis de biens personnels non industriels.

La grève de 1968 commence le 15 mai aux usines Cléon puis le 16 mai à Billancourt. Renault est alors occupé par ses ouvriers dont de nombreux immigrés Ouvrier Spécialisé. La lutte dépasse le cadre strictement économique : on parle de « gouvernement populaire » et d’« autogestion ».

À Billancourt, malgré des tentatives de débordement par des militants d’extrême gauche, la CGT (Confédération générale du travail) parvient à mener la grève pendant un mois (33 jours, 34 nuits) en évitant les multiples provocations et dans la « dignité » avec, comme premier secrétaire du syndicat, Aimé Halbeher âgé alors de 32 ans. Les militants CGT qui animent cette grève sont pour la plupart des ouvriers qualifiés issus de l’école d’apprentissage de la Régie Renault d’après guerre et politiquement proches ou membres du PCF (Parti communiste français).

À Billancourt, le 17 juin, à l’appel de la CGT et de la CFDT, les ouvriers votent majoritairement la reprise du travail (comme dans les autres usines du groupe : 58 % à Flins, 75 % à Cléon, 79 % au Mans, 71 % à Choisy, près de 100 % à Sandouville).

Les acquis sociaux et les droits syndicaux conquis en 1968 et dans les années qui suivirent sont importants et resterons une référence pour le mouvement social. La force de ce mouvement, avec les grands meetings de l’île Seguin réunissant des milliers de travailleurs, attirera pendant quelques années des groupes d’extrême gauche espérant y trouver un terrain propice pour développer leur idées et leur actions.

En 1968, Citroën achète Maserati, le fabricant italien de voitures de sport en faillite et lance la SM, avec un moteur V6 provenant de Maserati. La SM était techniquement proche de la DS. Cette voiture représentait un tel niveau d’investissement que le secteur GT à lui seul ne pouvait pas le soutenir, même dans les meilleures circonstances. Ces dernières étaient en fait plutôt défavorables : le choc pétrolier de 1973 a ralenti les ventes de voitures GT, ainsi que la fragilité et le coût élevé de la maintenance du moteur Maserati. La SM a été construite en seulement 12 920 exemplaires.

Des pertes énormes chez Citroën ont été provoquées par l’échec de l’entreprise concernant le moteur à piston rotatif Wankel de Comotor, par la dispersion sur de trop nombreux domaines (poids lourds, hélicoptère à moteur Wankel), plus l’erreur stratégique de ne pas avoir de voiture de gamme moyenne jusqu’au lancement de la GS en 1970 ajouté aux coûts massifs de développement pour les modèles GS, CX, SM, Birotor, Bora, Merak, et Khamsin, tous des merveilles de technologie.

Les militants maoïstes de la Gauche Prolétarienne s’installent aux usines de Flins et Billancourt et le début des années 1970 voit l’agitation continuer. Les affrontements entre la Gauche Prolétarienne et les vigiles de Renault se multiplient. En 1972, un militant maoïste et ouvrier, Pierre Overney, est tué par un des vigiles de l’entreprise, Jean-Antoine Tramoni. Le vigile sera jugé en 1973 et abattu par les NAPAP (Noyaux armés pour l’autonomie populaire), réseau maoïste clandestin de la Gauche prolétarienne, le 23 mars 1977. (« Gauche prolétarienne maoïstes » : courant politique à la charnière du marxisme et du mouvement libertaire, en Europe occidentale dans les années 1960 et 1970, à la suite des événements de mai-juin 1968.)

Renault et Peugeot : Française de Mécanique

En 1969, l’entreprise spécialisée dans la production en grande série de moteurs pour l’automobile est créée en 1969 par Renault et Peugeot : Française de Mécanique. Chacun détenaient 50 % de la société. (depuis 2013 elle est une filiale 100% de PSA Peugeot Citroën)

L’année 1972 est l’année de la commercialisation de la Renault 5. Jusqu’en 1984, son succès est inégalé : avec 5,5 millions de véhicules produits, la R5 sera la voiture française la plus vendue pendant douze années consécutives.

Le sigle de Renault se modernise, puis en 1972, le travail de l’artiste Yvaral est retenu. Il respecte la continuité demandée de forme en losange et à rayures mais apparaît comme une œuvre d’art à part entière.

Citroën ne pouvait plus faire face financièrement à toutes ses dépenses, et n’a pu résister aux frais du marché automobile qui a accompagné le choc pétrolier de 1973 ; il a été conduit à la faillite en 1974.

Renault a remporté le premier Championnat du monde des rallyes FIA avec l’Alpine A110 en 1973.

PSA Peugeot Citroën

Michelin, actionnaire majoritaire de la marque, envisage alors de la vendre à Fiat, qui augmenta considérablement sa participation sans jamais parvenir à la majorité et donc au contrôle de Citroën. Le gouvernement français avait d’ailleurs mis son veto à la cession à Fiat.

Le gouvernement français pour sauver la marque en faillite et des milliers d’emplois, demande à Peugeot d’absorber Citroën en 1975. La compagnie combinée est connue désormais sous le nom de PSA Peugeot Citroën. Ce plan gouvernemental prévoyait aussi de vendre Berliet à Renault pour concentrer le secteur français des véhicules industriels, ce qui fut fait.

PSA revend Maserati à De Tomaso en mai 1975, et la société italienne exploita la marque prestigieuse Maserati pour vendre des dizaines de milliers d’exemplaires du nouveau modèle, la Maserati Biturbo.

La cohabitation des deux marques va s’avérer difficile durant plus de vingt ans. En effet, tout semblait opposer les deux marques : Peugeot était a priori une marque très conservatrice (pas tout à fait exact d’ailleurs, pour preuve la 204 qui reprenait la nouvelle disposition inaugurée sur la Mini et la Trabant, généralisée aujourd’hui, du moteur transversal), tandis que Citroën était technologiquement innovatrice en particulier par ses suspensions et ses concepts aérodynamiques (mais pas par ses motorisations souvent un peu en retrait).

Le bureau d’études Citroën en sort métamorphosé : certains de ses membres sont partis (comme Robert Opron, designer des DS restylées, GS, SM et CX), d’autres sont restés mais acceptent mal la nouvelle direction, à cause notamment de sa démarche de standardisation. Les premiers modèles laissent les citroënistes sceptiques quant à l’avenir de leur marque : la Citroën LN (1976) est une caisse de 104 Coupé avec un moteur de Dyane (mariage que l’on peut considérer comme raté vu les faibles ventes).

Peugeot supprime les projets Citroën non rentables et un premier modèle standardisé apparaît, la Citroën LN, qui reprend la carrosserie du coupé Peugeot 104 et le moteur de la Citroën Ami 6.

Néanmoins, PSA était financièrement une réussite, au début, avec des modèles comme la Citroën GS et la Citroën CX. PSA fait évoluer la gamme déjà existante : la 2CV est déclinée en de nombreuses séries limitées, la CX passe au Diesel, et la GS devient GSA en 1979, avec un hayon arrière intégral apprécié par la clientèle.

Le 13 février 1980, Renault dépose le brevet du dispositif de répartition de freinage à adhérence totale, inventé par l’ingénieur René Vuaillat ; dont le brevet a été déposé par Régie Nationale des Usines Renault le 13 février 1980. Pour résumé le principe : L’essieu avant et l’essieu arrière ayant chacun un différentiel, sont reliés par une roue libre qui s’enclenche et se bloque quand un essieu est plus freiné que l’autre (Application principale au freinage d’un véhicule automobile).

PSA Peugeot Citroën et Talbot

La situation financière du groupe PSA, au début des années 1980, apparaît très mauvaise. En effet, le rachat de Chrysler-Europe (ex-Simca, en 1979), a été difficile à digérer pour Peugeot, et il faut ajouter à cela le second choc pétrolier de 1979 qui va encore affaiblir le constructeur.

Ayant réalisé de bons résultats depuis 1976 grâce à des finances gérées soigneusement, le groupe PSA Peugeot Citroën annonce le 10 août 1978 le rachat de Chrysler Europe (4,5 % du marché européen avec Simca en France, Rootes au Royaume-Uni et Barreiros en Espagne) pour 230 millions de dollars (1 milliard de FRF), devenant le no 1 européen et no 4 mondial derrière General Motors, Ford et Toyota. La cession comprend aussi le contrat de fournitures de pièces détachées à Iran Khodro pour y assembler la Paykan, puis ultérieurement d’autres véhicules Peugeot. Sur le plan du capital, Chrysler se voit offrir 14,4 % de Peugeot SA, et devient le deuxième actionnaire de référence tandis que la famille Peugeot rétrograde de 49 % à 37 %. Dans le contexte politique de l’époque avec une possible victoire de la Gauche aux élections législatives, l’allié américain complique une éventuelle nationalisation, alors que Chrysler se décharge de ses filiales européennes.

En 1978, à sa sortie de l’École des Mines, Carlos Ghosn est embauché par le plus grand fabricant européen de pneus, Michelin, où il restera 18 ans. Après une période de formation dans des usines en France et en Allemagne, il est nommé directeur de l’usine du Puy-en-Velay en 1981, puis, en 1985, il devient responsable du département de recherche sur les pneus industriels et agricoles au centre de recherche Michelin de Ladoux.

En juillet 1979, Chrysler Europe prend le nom de Talbot. Trois marques composent alors le groupe français PSA : Citroën, Peugeot et Talbot. La renaissance de Talbot est difficile, elle tombe au moment du deuxième choc pétrolier et la marque n’a pas de petit modèle à vendre. Jean-Paul Parayre fusionne alors les réseaux Peugeot et Talbot en France à l’automne 1980.

Renault F1 Team

Renault F1 Team a débuté en Formule 1 en tant que constructeur en 1977, avant de se retirer du championnat du monde fin 1985, préférant s’en tenir à un simple rôle de motoriste. Renault introduit le turbo en Formule 1 en 1979.

Les Renault 9 et Renault 11 sont des modèles charnières pour Renault car elles inaugurent une nouvelle base technique qui sera utilisée sur de nombreux modèles. En effet, leur châssis est réutilisé sur les Renault 19, Mégane 1 et Scénic 1.

Les Renault 9 et Renault 11 sont des modèles incontournables pour Renault car non seulement elles donnent naissance au « moteur F », mais elles inaugurent également une nouvelle base technique qui sera utilisée sur de nombreux modèles. En effet, leur châssis est réutilisé sur les Renault 19, Mégane 1 et Scénic 1 et dérivé pour les Super 5, Express, Clio 1, Clio 2, Kangoo 1 et Twingo 2. Les Renault 9 et Renault 11 sont les premières voitures à utiliser un moteur Renault (« Cléon-Fonte ») en position transversale, ce qui donnera naissance aux boîtes de vitesses JB qui équiperont encore la Twingo 2. (La Renault 14 était la première Renault avec groupe motopropulseur en position transversale, mais avec un train avant dérivé de la Peugeot 104, son « moteur X » était issu de la Société Française de Mécanique commun à Peugeot et Renault, moteur également utilisé sur des modèles Peugeot, Talbot et Citroën.)

Les affaires Renault

Dans les années 1980, un groupe issu de la Gauche Prolétarienne participe à la création d’Action Directe, qui assassinera le 17 novembre 1986 le président de Renault, Georges Besse, à la fois parce qu’il avait procédé à d’importants licenciements lors du désastre financier du début des années 1980 et en tant que représailles pour l’assassinat de Pierre Overney.

En 1982, un résistant de l’Organisation civile et militaire et cadre de l’entreprise Renault, Robert de Longcamps, réclame en vain la réhabilitation de Louis Renault « injustement accusé de collaboration avec l’ennemi », mais sa lettre au garde des Sceaux, Robert Badinter, reste sans réponse. Le centralien Pierre Lefaucheux, ingénieur membre de la résistance, est nommé directeur général de la nouvelle régie nationale.

D’après l’acte de nationalisation, « C’est en connaissance de ces faits (prestations pour l’armée allemande) et en pleine connaissance des préjudices qu’ils ont causés au pays, que le gouvernement a décidé de procéder à la nationalisation de ces usines… ». Et pourtant, au même moment, le commissaire du gouvernement met René de Peyrecave, P-DG des usines Renault, en liberté provisoire, en estimant que « l’entreprise avait travaillé sous la contrainte et sans zèle pour l’occupant ».

Les affaires Peugeot Citroën

Les affaires ne marchent pas beaucoup mieux pour Citroën et Peugeot confrontés au vieillissement de leurs modèles. De plus, en mai 1982, les usines d’Aulnay et de Poissy connaissent des grèves dures. Sur place, les syndicalistes de la CGT se battent contre ceux du syndicat maison, la CSL (Confédération des syndicats libres).

La BX (1982) est le fruit de cette époque difficile. Sa ligne originale et la présence de la suspension hydraulique ne font pas oublier qu’elle est dotée des mêmes groupes moteurs que la 305 Phase II. Cette intégration d’éléments Peugeot dans une Citroën a été assez mal vécue au sein des bureaux d’études de la marque aux chevrons, mais le lancement de la BX était urgent et devait être un succès : – l’avenir de la marque Citroën dépendait de la BX -, de la même manière que celui de Peugeot dépendait de la 205. Ce fut sans conteste le succès de ces deux modèles, et la disparition, en 1986, de la marque Talbot, qui ont permis la sauvegarde du groupe PSA. Mais la BX, locomotive d’une gamme qui avait vieilli, ne devait pas rester seule : l’AX (1986) et la XM (1989) étaient chargées de l’épauler.

La petite Talbot Samba est lancée, mais comme les autres modèles Talbot, ses ventes subiront une baisse régulière. À la mi-juillet 1983, Peugeot-Talbot annonce 7 371 suppressions d’emplois, soit 9 % des effectifs du groupe. Le 27 juillet 1983, Jacques Delors déclare : « Une meilleure structure financière permettrait à Peugeot de régler ses problèmes sociaux de manière moins brutale ».

En 1986, Raymond Lévy, après la mort de Georges Besse, assume la direction de Renault et prépare sa privatisation.

Le PDG Bernard Hanon est remercié et remplacé par Georges Besse, qui restructure Renault par un important plan de licenciements. Il revend également des sociétés annexes comme American Motors en 1986.

La famille Peugeot fait appel aux services de l’énarque Jacques Calvet qui est nommé président du directoire. Emblématique et médiatisé, il dirige le groupe durant 13 ans, de 1984 à 1997 en le restructurant profondément pour en assurer le sauvetage. La banque d’organes communs aux deux marques lancée par Jean-Paul Parayre est développée méthodiquement, engendrant de grosses économies dans les coûts de revient pour maintenir des prix de ventes compétitifs face à la concurrence.

Le lancement de la XM en 1989, le remplacement de la BX par la ZX et la Xantia (respectivement en 1991 et en 1993), ainsi que le restylage de l’AX en 1992, marquent le début de l’ère de la qualité chez Citroën. Mais les débuts sont difficiles avec les problèmes électriques de la XM (et aussi de la 605) dus au lancement trop précipité par le PDG de PSA Jacques Calvet et surtout, au fil du temps, la marque aux chevrons n’apparaît plus créative. Les Citroën deviennent des clones de Peugeot déjà existantes : l’Évasion (premier monospace de la marque, 1994), la Saxo (1996) ou le Berlingo (premier ludospace de l’histoire automobile, 1996), sont des modèles développés sur des plates-formes communes avec Peugeot. De plus, les modèles plus personnels et de très grande diffusion comme la ZX ou la Xsara (1997) apparaissent trop timides du point de vue du style.

PSA développe donc une synergie entre ses marques et développer des projets sur les mêmes bases pour limiter les coûts de production. Grâce aux modèles Citroën BX et Peugeot 205, les deux marques se redressent tandis que Talbot disparaît en France en 1986. La plate forme de la Citroën ZX est reprise par la Peugeot 306, puis par la Citroën Xsara, la Citroën Xsara Picasso et en partie par le premier Citroën Berlingo / Peugeot Partner. Citroën Xantia, devient Voiture de l’année en Italie et en Espagne en 1994.

Si, Jacques Calvet, dans toute sa communication, conférences de presse, discours, etc. met toujours en avant les deux marques sans jamais privilégier l’une par rapport à l’autre, c’est moins le cas pour les produits. Certains lui reprocheront d’avoir banalisé les modèles Citroën dans les années 1990.

Ainsi, l’image de Citroën est devenue en vingt ans celle d’un constructeur automobile comme un autre, avec comme particularité de vendre des voitures à prix relativement réduits. Il convenait donc de donner une nouvelle impulsion à la marque, tout en maintenant le niveau de fiabilité et de qualité acquis.

Renault poursuit néanmoins son redressement avec Raymond Lévy. C’est avec ce dernier que Louis Schweitzer fera ses premiers pas au sein du constructeur automobile qu’il a rejoint en 1986 en tant que directeur. Rapidement il monte les échelons : il devient directeur général adjoint en 1989 puis directeur général un an plus tard. En mai 1992, Louis Schweitzer succède à Raymond Lévy à la présidence et direction générale de Renault.

Après 45 années passées sous le giron de l’État, la régie Renault va redevenir une société privée. En 1990, la régie Renault changea de statut et devint une société anonyme à capitaux d’État par l’adoption de la loi du 4 juillet 1990.

Partie III :
Histoire, économie, gestion et entreprise : Renault, Nissan, Dacia et Histoire, économie, gestion et entreprise : PSA Peugeot, Citroën et DS

Texte, synthèse des page Wikipedia :
Peugeot, Armand Peugeot, Renault, Louis Renault, Citroën, André Citroen,

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